Le Béninois Libéré
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Politique

Unité nationale et impérieuse nécessité d’entretenir la paix : EST-CE QUE LE PRÉSIDENT TALON A LE RETOUR DES ANALYSES QUI SE FONT SUR LES FORUMS DU SEPTENTRION ?

(Les mesures contre le soja au profit du coton, Réckya Madougou et les autres prisonniers… Tout cela n’augure rien de bon)

Il n’est pire eau que l’eau qui dort. Ce sont les peuples d’apparence inoffensive dont il faut le plus se méfier. Les Béninois ont ce côté sournois de les jouer poltrons, couards et très résilients voire même soumis durant les premières années des 10 ans d’un pouvoir qui a connu un renouvelement de confiance. Mais c’est aux environs des derniers 24 mois de la fin du régime qu’ils se réveillent en faisant toujours semblant de dormir. C’est ça le Bénin.

Le pouvoir du président Talon tournant autour de cette zone d’inconfort, devrait écouter son potentiel d’hommes très prévoyants et ayant toujours une longueur d’avance sur les autres. Une attitude qui passe souvent par l’assouplissement de certaines mesures ou tout au moins un semblant politique à faire l’unanimité au sein du peuple.

Malheureusement, l’annonce des milliards du social, la revalorisation des salaires des travailleurs, toute la panoplie de mesures sociales annoncées, et certaines mêmes entreprises, ne réussissent pas à calmer certains et curieusement une bonne partie du Septentrion du Bénin.

Les analyses qui se mènent en langues locales sur certains forums et qui ont tout de sonner comme le réveil d’un peuple fatigué de subir, ne présagent rien de bon pour le pays.

Si les services de renseignement, les amis du président, ses collaborateurs ne lui disent rien, il doit se poser des questions. Car quand des gens d’un certain âge, des leaders d’opinion commencent par appeler les leurs à une prise de conscience pour réfléchir à contrer et faire échec aux rêves et priorités du président, il y a urgence soit à les écouter pour changer les directives, soit à réorienter la communication du gouvernement pour mieux faire passer ses réformes suivant la ligne de paix et du développement qu’elles sont censées incarnées.

Ceux qui parlent sur ces forums ajoutent chacun son identité, nom et prénoms, fonction et lieu de résidence. C’est leur façon pour dire qu’ils sont dans la vérité et bien prêts à le répéter devant le chef de l’État. Et les sujets évoqués ne manquent pas de pertinence surtout quand ils parlent de ce qui les concerne, la production et les nouvelles mesures prises par le gouvernement. Le cas du soja que le gouvernement a visiblement secoué pour décourager la culture au profit du coton, revient régulièrement.

De l’analyse des producteurs, c’est parce que le gouvernement a constaté dans la saison, un gros penchant des producteurs pour le soja de loin plus rentable, que le coton, qu’il a corsé les taxes sur la vente pour décourager l’option de ces cultivateurs de soja.

Une analyse qui a tout son pesant d’or quand on sait que le chef de ce gouvernement a pour nom, Patrice Talon à qui le coton est collé à la peau comme sa chose. Il n’en fallait pas plus pour que les politiques de cette partie agricole du pays, lancent la vicieuse comparaison entre la misère faite au soja et la promotion faite à l’ananas cultivé dans la partie australe du pays. Allusion vicieuse mais pertinente que le président de la République protégerait l’ananas des siens au détriment du soja cultivé dans une certaine zone pendant que lit est fait à la culture du coton, son choix de prédilection.

Les commentaires ne sont pas bons. Mais il vaut mieux laisser aux producteurs ce minimum de s’exprimer que de vouloir leur retirer ce privilège, leur droit du moment. Le souhait ici est que le président prenne conscience de cette réalité que tous ses faits et gestes sont maintenant disséqués, analysés et comparés entre eux sous différents prismes.

Et comme si cela ne suffisait pas à enrhumer l’ambiance, l’affaire Réckya Madougou et les autres infortunés de la crise électorale de la présidentielle dernière vient se greffer au débat. Il se sursure un constat des plus alarmants d’un déséquilibre régional entre ceux libérés et ceux toujours en détention. On parle même de 97% des détenus serait d’une région bien donnée. Une vilaine coïncidence qui n’aurait pas dû ressurgir dans la conscience populaire. Mais c’est déjà là et tant qu’elle perdure, tant que le pouvoir en place n’aura pas trouvé la panacée, cela entrera toujours dans la balance des analyses.

Si les proches du président Talon à savoir: Abdoulaye Bio Tchané, Mariam Talata, Robert Gbian, Sacca Lafia, Samou Adambi, Alassane Séidou, Rachidi Gbadamassi, Yves Chabi Kouaro, Charles Toko, Aurelie Adam Soulé Zoumarou et les autres sont condamnés à cacher leur vrai sentiment par rapport à ces analyses et considérations, le président lui-même devrait lire entre les lignes.

Le « qui ne dit rien consent » ne s’applique pas à toutes les situations. Ce n’est pas parce que certains ne peuvent pas soulever d’objection qu’ils ont donné leur adhésion. Que le président apprenne juste à interprèter les regards. La noirceur de la pupille des yeux cachent souvent l’éruption d’un volcan dans la cage thoracique d’un subordonné. Et il n’est pire eau que l’eau qui dort.

Aboubakar TAKOU

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