Politique

Tribune du Dr Marius Janvier DOSSOU-YOVO : Patrice Talon : quand le « Oui » au peuple rime avec don de soi

Alea jacta est. Le sort en est jeté. Les futurs candidats à l’élection présidentielle de 2021 connaissent désormais au moins un de leurs challengers, le président sortant Patrice Talon. C’est le premier indicateur qui atteste qu’ils devront ferrailler pour remporter le Graal.

Pour ce faire, qu’ils affûtent leurs armes, prennent le temps d’élaborer des projets de société afin de convaincre les potentiels électeurs. C’est l’essence même de la démocratie qui fait de la consultation du peuple sa principale matrice. En démocratie, les idées s’affrontent et celles-ci sont portées, entre autres, par les hommes politiques.

Au terme de la dernière journée de sa tournée de reddition de compte, le Chef de l’Etat, Patrice Talon a annoncé ubi et orbi sa décision de briguer un second mandat dans quelques mois. Si elle était attendue par nombre de nos compatriotes, les plus sceptiques regardaient d’un œil de Caïn, le possible retour aux affaires du Chef de l’Etat comme une inhibition de leurs ambitions présidentielles.

Patrice Talon a démontré au cours de son mandat qu’il est un foudre de guerre de la politique dont il connaît les ramifications et la couleur des intrigues.

Mais ce qui est sidérant, c’est sa capacité de résilience face aux chocs. A l’observation et à l’impression première, on n’est point surpris que Patrice Talon, une boule de feu qui ne s’accommode pas de repos, ne s’alimente presque pas, mette très haut la barre des exigences vis-à-vis de lui-même et par conséquent de son peuple.

Les maquettes ont pris corps et les infrastructures qui naissent çà et là sont la preuve que le Président de la République et son équipe n’ont pas chômé pendant les cinq années de mandat à la fois long et court. Les résultats sont plus que convaincants (le développement numérique, le projet asphaltage, la construction des marchés, la gestion des déchets dans le grand Nokoué, la politique intérieure et les réformes politiques, la rupture des inégalités, la transparence dans l’organisation des recrutements dans l’administration publique, l’’investissement massif pour donner l’eau et l’électricité aux populations sur toute l’étendue du territoire national, la réalisation de Maria Gléta2 (fin du délestage), la lutte contre la corruption, l’amélioration du climat des affaires, etc.

Ce mandat qui se termine n’a pas été un long fleuve tranquille. L’équipe de la rupture cornaquée par son chef a dû faire face à des chocs exogènes qui, s’ils n’avaient pas été jugulés avec beaucoup de maestria auraient créé la chienlit (la dépréciation de la valeur du naïra, la fermeture des frontières avec le Nigeria, la conjoncture mondiale, la pandémie du coronavirus dont la gestion singulière a été saluée par toutes les chancelleries du monde, etc.).

On se souvient encore de son exposé à Dakar sur le « Développement durable et la dette soutenable en Afrique » où il expose de nouveaux paradigmes sur la gestion de la dette mettant ainsi fin au brainwash séculaire qui présente l’annulation de la dette comme la panacée alors que Patrice Talon soutient le postulat de la mobilisation urgente de liquidité nouvelle en lieu et place des annulations ou moratoires de dette et la relance des économies africaines via le financement concessionnel en vivifiant toutes les opportunités d’accès à la bonne dette à l’instar des pays développés. Point besoin de rappeler que cette prise de position a fait l’objet d’un standing ovation.

Lorsqu’en cinq petites années, patrice Talon a réussi tout ce qui a été exposé plus haut, on est tenté de penser qu’il doit dans l’absolu rempiler. Mais quand on intègre l’homme, ses hobbies et ses lubies, on pourrait retoquer le contraire. En effet, au cours d’une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique, il affirmait avec une once de mélancolie que les exigences liées à la fonction présidentielle l’empêchaient de danser et de conduire. Un bon viveur tout simplement.

Se résoudre à renoncer aux plaisirs qu’offre cette vie alors même qu’il a été éprouvé dans sa chair au cours de l’année 2017 reste une gageure que seul peut expliquer l’amour pour son pays. Il n’a donc pas resquillé son premier mandat. En acceptant l’appel de son peuple, Patrice Talon accepte une fois encore de consentir de nombreux sacrifices en ce qui concerne son propre corps, sa famille, etc.

Il s’agit du don de soi. Faire passer le bonheur de son peuple avant le sien.

Le don de soi, ce n’est donc pas d’être au service des autres pour être aimé ou pour rechercher une quelconque reconnaissance. Le don de soi s’assied sur un socle solide et ne fait assertion ni de l’intransigeance ni de l’impatience des bénéficiaires lorsque les intrants pour la quête d’une amélioration de leurs conditions de vie sont réunies.

Tout n’est certes pas parfait, il le reconnaît. Alors pourquoi ne pas essayer à nouveau ?

Dr Marius Janvier DOSSOU-YOVO

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