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Politique Société

Transmission à l’Assemblée pour vote d’une loi sur la chefferie traditionnelle au Bénin : TALON S’APPRÊTE À AVALER UNE GRENADE DÉGOUPILLÉE

(La cour impériale de Soubroukou alerte sur le danger)

La vie a ce paradoxe que c’est ce que vous savez faire le plus qui vous perd souvent. Le président Talon, réformateur des réformateurs devant l’Éternel et qui a réussi le découpage territorial (désignation des chefs-lieux) craint de tous ses prédécesseurs, veut réussir le miracle de l’encadrement de la nébuleuse de la chefferie traditionnelle au Bénin

Une tâche très exaltante pour la bonne gouvernance et dont la réussite permettra de baliser à jamais un terrain empreint à certaines pagailles mais qui nécessite un travail préalable de haute voltige.

Mais la qualité du travail déposé par la commission qu’il a mise sur pieds à cet effet, laisse à désirer et a tout, de jeter le président du haut d’une falaise sans parachute.

Car cette commission aurait, en effet, convenu d’identifier pour proposer seulement 15 royaumes aux fins de la disparition de tous les autres. Et le rapport de ses travaux serait en passe d’atterrir sur la table des députés pour être adopter comme une loi.

Et comme d’habitude, tout se passait dans la discrétion d’une magie digne d’un cirque jusqu’à cette sagesse de la cour impériale de Soubroukou qui alerte par amour le président Talon sur le danger des travaux de cette commission.

Réuni en effet hier samedi 17 septembre 2022, devant son palais impérial entouré d’une dizaine de rois relevant de sa juridiction, sa Majesté Massawa Koumsa s’est donné à l’exercice de prendre l’exemple sur son propre cas pour envoyer un message de paix au gouvernement Talon.

Il a permis par cette alerte au monde entier de comprendre les vices et erreurs contenus dans les travaux de cette commission. Et cette occasion a aussi permis à la presse d’écouter Zakaria Dramani Issoufou, professeur d’histoire de l’Afrique dans une université de Paris, sur ce que devrait être la qualité des travaux de cette commission.

Car, à la lumière des vices contenus dans les travaux de cette commission, on se demande si c’est vraiment des sachants qui l’ont conduit ou un ramassis de mécaniciens, plombiers et vétérinaires qui se sont retrouvés sous le couvert politique entre quatre murs pour accoucher par césarienne, de cette désignation de 15 royaumes.

Et pour cause, ladite commission n’est même pas allée sur le terrain, profiter de l’histoire séculaire de certains royaumes, leur grandeur et l’immensité de leur assise avant de voir si certains méritent aujourd’hui d’être radiés ou remis dans le paysage.

À titre de preuve illustrant le côté fantaisiste voire même amusant des travaux de cette commission, elle a réussi à inventer un royaume à Natitingou dans une aire culturelle qui n’a jamais connu de royauté et dont les habitants n’avaient jamais de culture de chefferie.

Une grossièreté qui ferait rire aux larmes, des étudiants en première année d’histoire à l’Uac. Natitingou a aujourd’hui un royaume sur le papier des « experts  » désignés par le président Talon pour connaître d’un sujet qui devrait en principe occuper de vrais sachants sur plusieurs années.

Mais pour confirmer que les membres de cette commission se seraient simplement contentés de lire en diagonal quelques documents et donner dans la politique, c’est en une douzaine de semaines qu’ils ont presenté leur pâte non cuite et grumeleuse impropre à la consommation.

Aussi cette alerte pédagogique de la cour impériale de Soubroukou vient-elle prévenir le président Talon des dangers qui guettent la Nation béninoise s’il créditait le saupoudrage dangereux de cette usine de fabrication de germes de conflits. Car on ne peut rayer par exemple l’empire de Soubroukou né vers le 13ème siècle et dont dépendait Djougou depuis des temps immémoriaux pour un royaume de Djougou. Et cette fabrication tirée sur les cheveux de l’instauration sur papier d’un royaume à Natitingou n’aura fait que du tort à l’esprit républicain du président Talon de rationaliser la chefferie traditionnelle au Bénin.

Mieux, dans un pays qui se respecte, les membres de cette commission devraient tous être embarqués dans une caserne pour y apprendre, à coup de fouets, le patriotisme avant de repartir dans les universités apprendre l’histoire. Ils veulent foutre du bordel.

Et comme l’a suggéré un sage de Soubroukou, si la réduction à 15 des centaines de royaumes existants, est mu par le souci du budget, pourquoi ne pas envisager le morcellement des futurs gains des 15 en plusieurs pour éviter de faire inutilement des mécontents?

Comme quoi, l’initiative de la cour impériale de Soubroukou vaudrait tout son pesant d’or.

À suivre !

Aboubakar TAKOU

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