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Politique

Présidentielle 2021/Violences pré-électorales: Les dénonciations de l’He Rachidi Gbadamassi

« La lutte politique se fait par les idées et non par les armes. Aujourd’hui, il faut une guerre des idées et non une guerre par les armes. » A dit l’He Rachidi Gbadamassi régissant par rapport aux violences pré-électorales qui se sont déroulées dans certaines parties du pays.

Dans cette interview, le professeur de politique appliquée dénonce cette manière de faire de la politique qu’ont décidé d’adopter certaines personnes. Une manière en déphasage avec le principe démocratique. Non seulement il dénonce ceux qui ont poussé les gens à vouloir assassiner Okounlola, Toko, Bagoudou, et lui mais aussi prouve que tout cela vient démontrer le complot de déstabilisation du Bénin qu’il avait eu à évoquer. Si Gbadamassi trouve que  » c’est regrettable de brandir des armes contre un peuple qu’on aspire à diriger », il désapprouve qu’un ‘’frère’’ leur en veuille à ce point. Ci-dessous les propos du député de la 8ème circonscription électorale.

L’intégralité de ses propos

 «J’ai des regrets. Mais je suis aussi dans l’allégresse. Le regret, c’est les actes de vandalisme qui ont été perpétrés çà et là. Je déplore ces actes-là. En tant que leader politique, j’estime qu’on n’a pas besoin de ces actes là pour aspirer à la magistrature suprême de notre pays. En toute humilité, la voie royale pour accéder à la magistrature, c’est la voie des urnes, la voie démocratique. Je pense que nos amis d’en face n’ont pas privilégié l’intérêt général. Ils ont privilégié l’intérêt personnel. Parce que s’ils aimaient la population, ils n’allaient pas organiser les badauds pour attaquer le peuple qu’ils prétendent diriger un jour. C’est dommage ! Et c’est pourquoi j’interpelle la conscience des hommes politiques qui ont commandité ces actes pour leur dire qu’on ne peut pas utiliser une partie du peuple contre le peuple et les moyens du peuple contre le peuple. Ce n’est pas normal ! Ces hommes politiques qui sont à l’étranger tapis dans l’ombre ont la richesse qu’ils ont aujourd’hui grâce au peuple. Ils ne peuvent pas être accidentellement milliardaire, frauduleusement milliardaire et utiliser ces milliards pour déstabiliser le pays et s’attaquer au peuple. On ne peut pas s’enrichir sur le dos du peuple et utiliser cette richesse là pour détruire le peuple. C’est ça qui est dommage ! Et ce qui me fait mal est que ces hommes politiques sont à l’étranger, leurs enfants sont à l’étranger et c’est les enfants de pauvre qu’ils utilisent pour massacrer le peuple. Le Bénin n’a pas besoin de ça. L’autre chose qu’il faut décourager est qu’on n’a pas besoin de tuer pour accéder à la magistrature suprême. J’ai échappé avec le Maire Charles Toko à trois tentatives d’assassinat. Quand ils sont allés attaquer le Maire Charles Toko et ils ont échoué, ils sont venus m’attaquer ici deux fois. C’est le lieu de féliciter les populations qui se sont mobilisées pour me défendre. J’ai eu la vie sauve grâce à cette population.  Aussi je salue le professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité. Elles ont su maitriser la situation sans effusion de sang. Je loue aussi le leadership du Préfet du Département du Borgou. Je dénonce avec beaucoup d’énergie les politiciens violeurs parce que la violence est l’arme des faibles.

Les gens ont parlé de taux de participation. La démocratie, ce n’est pas de l’anarchie. La démocratie c’est le respect des lois de la République ; c’est le respect de la Constitution. Et c’est la Constitution récemment modifiée qui a prévu l’élection pour le 11 avril 2021. Macron a été élu avec un taux de participation d’à peine 21% au second tour après un sursaut républicain contre Marine Le Pen. Est-ce qu’on peut dire que l’élection de Macron est illégitime ? Vous allez aujourd’hui aux États-Unis. Il y a eu des violences. Mais les gens sont en train de répondre de leur forfait. En ce qui nous concerne, nous devons tourner la page et se mettre ensemble pour diriger le pays…Vous vous rappelez que lorsque j’avais organisé ma conférence de presse où je dénonçais la conspiration, le complot contre l’État, comme un prophète, les gens m’ont traité de tous les noms. Aujourd’hui les faits me donnent raison. Tout ce que j’avais dénoncé a été mis à exécution par nos amis d’en-face. J’avais dénoncé les milliers de chasseurs qu’ils ont fait venir au Bénin. Est-ce que ceux-là qui aspirent diriger le Bénin ont besoin de faire ça ? Recruter des mercenaires, des chasseurs pour déstabiliser le Bénin, pour tuer leurs propres frères. Est-ce que c’est digne ? On peut faire la résistance sans les armes. Ces hommes politiques pouvaient demander à leurs partisans de ne pas sortir. Ça fait partie de la vitalité de la démocratie sans recourir aux armes. Mais je n’ai jamais vu dans un pays où on parle de démocratie avec les armes. La lutte politique se fait par les idées et non par les armes. Aujourd’hui, il faut une guerre des idées et non une guerre par les armes. Ils sont devenus accidentellement milliardaire et avec leurs milliards ils veulent détruire le pays. Ce n’est pas normal… Ils ont eu la chance d’avoir des milliards très tôt d’une façon illégale. Mais on ne doit pas prendre sa fortune pour détruire le peuple. C’est ce que je regrette. Attendez ! Ils ne sont pas des héritiers que je sache ! C’est des enfants de pauvres comme nous. Les milliards engloutis pour détruire le pays viennent d’où ? Quand on a des milliards, il vaut mieux faire comme des Asiatiques qui l’investissent pour créer la richesse dans le pays et non les utiliser pour détruire le pays… C’est la classe politique qui a donné le pouvoir à Patrice Talon de par son incohérence et cette classe politique là est une classe politique récidiviste qui ne veut pas tirer leçon de l’échec passé. Et tant que la classe politique ne va pas se prendre au sérieux, ce sera difficile à un homme politique de diriger le Bénin. Faisons la politique comparée ! Depuis le renouveau démocratique, quel est le leader politique qui a pu accéder à la magistrature suprême ? Aucun ! C’est toujours des gens qui viennent d’ailleurs qui prennent le pouvoir parce que la classe politique n’arrive toujours pas à déchiffrer et à coder la pensée populaire. On ne peut pas animer la vie politique sans connaître la réelle pensée du peuple ; sans connaitre l’aspiration du peuple…On ne peut pas vouloir diriger un peuple sans connaître ce que veut ce peuple ! Le peuple a toujours sanctionné la classe politique en choisissant ses dirigeants hors de la classe politique. On pensait que les jeunes leaders que nous sommes allaient pouvoir corriger cette situation-là. Mais aujourd’hui on demande d’assassiner Gbadamassi, d’assassiner Okounlola… Et c’est notre propre frère qui demande de nous liquider. Le frère dont je parle se connaît. C’est contraire à l’éducation des enfants de « Odoudoua ». Il est jeune. Il peut attendre. Okounlola son frère a échappé de justesse après Bagoudou…J’ai honte à sa place. C’est quoi ? C’est l’argent qui lui tourne la tête au point de demander de liquider ses frères de sang Okounlola, Gbadamassi ? Ce que tu fais est contraire à notre culture. Il faut demander pardon à Dieu. Tout sauf çà !!!! Le peuple Odoudoua ne s’abandonne jamais. C’est une chaîne. Soyons solidaire »

Propos recueillis  A.B.

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