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Politique

Législatives 2023: face à la réaction instinctive des électeurs contre Talon : QUE FERA UN BON PRÉSIDENT ?

Dans un simulacre de démocratie tropicalisée où les politiques s’entendent pour voter des lois liberticides interdisant aux médias de donner des tendances selon les compilations de leurs équipes dépêchées sur le terrain, il faut faire le jeu sans tomber dans leur piège.

On ne parlera donc jamais de tendances encore moins de résultats. Mais le constat est là clair limpide contrairement aux émotions données hier, que les Démocrates, le parti de l’opposition a réussi son pari dans les grandes villes mais ne sera que troisième.

Mais c’est déjà un gros effort quand on sait que le taux de participation sur le plan national n’a guère dépassé les 22 %. Un effort qui explique le mécontentement général contre le président Talon pourtant développeur et ayant un bilan en dehors du social, très reluisant.

Mais l’histoire des Peuples a toujours montré que les populations en matière électorale restent et resteront émotionnelles, instinctives et grégaires. Aucune raison dans la partie de leur cerveau qui commande le vote.

Sinon que Talon n’aurait pas mérité un tel rejet qui frise même la haine contre lui. Car il faut avouer et souligner à l’encre indélébile que les candidats de la Rupture ont fait le job. Mais la colère du peuple contre le leader était trop et a même rendu inaudible les thèmes par eux développés durant la campagne. L’allégorie du propriétaire de la farine du maïs développée par le stratège Rachidi Gbadamassi aurait suffi dans un contexte de raison, à faire élire toutes les listes du président.

Mais les populations ont écouté leur émotion : l’instinct grégaire de frapper Talon où ça lui fera mal pour lui passer un message fort. Que fait donc un bon père de famille dans ces conditions ?

Suivant ce qui apparaît comme un axiome politique, que la fin du deuxième mandat d’un président béninois a toujours été un calvaire pour celui-ci, le président Talon doit aujourd’hui, à défaut de courber l’échine, faire semblant. On ne fait le bonheur d’un peuple contre sa volonté. Il est temps que le président écoute son peuple loin de ses calculs à lui.

La possibilité de se faire remplacer par un homme de son choix pour la continuité de son œuvre dépend aujourd’hui de sa réaction face à ce message de son peuple. Il lui faut faire comme le général Mathieu Kérékou. Se faire souple pour mieux dominer la situation : faire voter par la nouvelle Assemblée une loi d’amnistie au profit de tous les prisonniers et les exilés. Un tel acte le grandirait beaucoup. Il lui permettra de s’offrir une nouvelle virginité après la sauvage défloration d’hier dimanche 08 janvier où les Béninois lui ont dit: niet, on ne veut plus de ça.

Les peuples sont instinctifs et grégaires en politique. Le Talon vomi, rejeté aujourd’hui, s’il joue bien, cache le Talon adulé à qui ce même peuple sera même tenté de proposer un troisième mandat s’il joue bien la partie après ce vote.

Mais comme quand les dieux veulent perdre un enfant, ils lui donnent le courage, le choix, la témérité de jouer des muscles et non de la tête et du cœur, il y aura toujours un faucon pour demander à Patrice Talon de continuer. Vous allez en souffrir et vous ne pouvez rien faire, je suis toujours votre président. Mais la fin dans ces conditions est souvent humiliante. La liberté de Réckya Madougou, Joël Aïvo, leurs codétenus et Komi Koutché, Sébastien Ajavon, Léhady Soglo et les autres, est infirme, facile à satisfaire que le confort que réclame l’instinct de conservation d’un président qui va au terme de son mandat.

J’ai dit !

Aboubakar TAKOU

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