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Société

Important rôle des pharmaciens dans la lutte contre l’infodémie en période de COVID-19 : Tout sur la communication du Dr Saïdou Sabi Boun

« Une surabondance d’informations, tant en ligne que hors ligne… (Qui se) caractérise par des tentatives délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de santé publique et de promouvoir les objectifs différents de certains groupes ou individus. » De la désinformation appelée l’infodémie par l’OMS.

C’est son impact en cette période de Covid-19 et sur l’important rôle que les pharmaciens ‘’qui constituent en général, le premier et le plus accessible des professionnels de la santé’’ à jouer dans la lutte contre l’infodémie, que le Dr Saïdou Sabi Boun a abordé dans une communication au Forum Pharmaceutique International (FPI) qui s’est déroulé du 13 au 16 octobre 2021 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Qu’en est-il de cette communication ? Qui est le communicateur Dr Saïdou Sabi Boun ?

Quid de la communication donnée à Abidjan ?

En période de crise ou d’épidémie, les médias jouent un rôle capital dans la transmission des consignes de santé publique, comme au cours des grandes campagnes de sensibilisation de santé publique des années 90 s sur le VIH-SIDA et sur la vaccination contre la poliomyélite.Cependant, bien qu’il existât à l’époque de fausses rumeurs, celles-ci étaient quand même localisées ou contrôlées.Le tournant historique de la vraie méfiance de la population mondiale vis-à-vis des mesures de santé publique/vaccination a été marqué en 1998, lorsque Dr Wakefield, un médecin anglais, publiait dans le Lancet, une étude qui faisait le lien entre le vaccin ROR et l’autisme.Cet article rétracté et contesté par d’autres articles depuis a, cependant, été le point de départ de la contestation mondiale contre la vaccination.

De nos jours, les réseaux sociaux ont plus remplacé les médias traditionnels dans la diffusion de l’information et même, s’ils constituent un atout pour les autorités de santé publique en raison de l’instantanéité de l’information, ils peuvent être également vecteurs de rumeurs, de mauvaises informations et parfois de désinformations.L’OMS appelle cette désinformation l’infodémie défini alors comme étant « une surabondance d’informations, tant en ligne que hors ligne… (qui se) caractérise par des tentatives délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de santé publique et de promouvoir les objectifs différents de certains groupes ou individus ».

En Afrique, l’infodémie a trouvé un terrain favorable.En effet, la crise de confiance préalable existant entre plusieurs gouvernants et leurs populations a été exacerbée par la COVID-19 et le scepticisme des populations a été attisé lorsque certains gouvernements ont politisé la pandémie : interdiction des rassemblements des parties politiques d’opposition et autorisation des rassemblements des partis pro-pouvoir.Dans certains pays, le parti au pouvoir a été accusé de bafouer les directives sanitaires et parfois les forces de sécurité ont été accusées d’appliquer les directives anti-COVID-19 de façon sélective contre les opposants.De notre avis, la méfiance de certaines populations envers les autorités sanitaires pourrait être comprise.Beaucoup ont encore en mémoire certains scandales sanitaires ayant eu lieu en Afrique avec la bénédiction de certaines autorités locales comme les essais cliniques des médicaments sur la prévention du VIH/Sida au Cameroun réalisé par FamilyHealth international, l’essai du Trovan contre la méningite au Nigéria réalisé par le laboratoire Pfizer, etc.Dans tous ces exemples, ces essais ont posé d’énormes problèmes éthiques dont certains se sont terminés en procès.En fin de compte, l’infodémie, pire que la pandémie aggrave la situation et rend difficile la lutte contre la COVID-19.Des enquêtes réalisées par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies montrent que l’hésitation envers la vaccination aggrave la menace de la COVID-19.Plus de la moitié des personnes interrogées dans 15 pays à haut risque ont déclaré que la gravité de la COVID-19 était exagérée.

En conséquence, notre communication s’inscrit dans la résolution WHA73.1 de l’Organisation Mondiale de la Santé qui invite les autorités sanitaires à reconnaître l’importance de l’infodémie dans la gestion de la lutte contre la pandémie de la COVID-19.Les pharmaciens qui constituent en général, le premier et le plus accessible des professionnels de la santé ont de ce fait, un rôle important à jouer dans la lutte contre l’infodémie.En sélectionnant les 10 mythes ou questionnements les plus couramment associés à la COVID-19, notre communication a essayé de démonter à l’aide des données comment y répondre en tant que professionnel de la santé.Les mythes et questionnements suivants sont abordés :1) La COVID-19 et la 5 G ; 2) La pandémie avait été prédite par Bill Gates.3) La COVID-19, c’est juste une grippe.Elles ne tuent que les « occidentaux ».4) Les Africains sont utilisés comme des cobayes dans les essais cliniques de la vaccination contre la COVID-19.5) Les vaccins sont dangereux.6) Quelle est la différence entre les vaccins disponibles par le mécanisme COVAX et lequel est plus efficace ?7) Pourquoi les vaccins contre la COVID-19 ont-ils été découverts si vite ?8) Est-ce que les vaccins administrés en Occident sont équivalents à ceux administrés en Afrique ?9) Quels sont les effets secondaires à long terme des vaccins ?10) Les droits individuels et la vaccination.

Le contexte du colloque

Le Forum Pharmaceutique International (FPI) est un creuset de rencontre annuelle des pharmaciens d’Afrique qui a été lancé pour la première fois en juin 2000 dans la ville de Cotonou (Bénin).Il regroupait à l’époque 23 pays réuni autour des ordres des pharmaciens, des syndicats de pharmaciens et des centrales d’achats des médicaments de chaque pays.La mission du FPI est de créer un cadre approprié d’échanges pour tous les pharmaciens d’Afrique afin de partager les connaissances actualisées nécessaires à l’exercice de leur profession, de préserver et de consolider le monopole pharmaceutique et enfin de réfléchir et de débattre des questions importantes stratégiquement dans le domaine de la santé.Le FPI se tient annuellement, généralement la première semaine du mois de juin, dans un pays d’Afrique.Après donc, une année d’absence en 2020, due à la pandémie de la COVID-19, le FPI s’est tenu du 13 au 16 octobre 2021 à Abidjan en Côte d’Ivoire et a réuni plus de 1500 pharmaciens venus des quatre coins d’Afrique.La prochaine édition aura lieu à Dakar au Sénégal.

Qui est Dr SaïdouSabiBoun ?

Né à Tchatchou (Commune de Tchaourou, Borgou) en 31 juillet 1987,Dr SaïdouSabiBouna fait le primaire et le secondaire à Parakou. Il y aobtenu son bac D en 2004 avant de poursuivre mes études en pharmacie à l’Université de Ouagadougou (Burkina Faso) oùil a été diplômé en 2012. Il a été successivement pharmacien assistant dans des pharmacies à Cotonou entre 2012 et 2015, ensuite chargé de  projet en gestion des approvisionnements pharmaceutiques à l’agence d’expertise française (Expertise France) entre 2015 et 2017, Master 1 santé publique en 2018 à l’institut de santé publique et d’épidémiologie et de développement (ISPED, Université de Bordeaux, France) et spécialiste (M.Sc) en santé mondiale de l’Université de Montréal (UdeM, Canada) et en gestion du développement internationale et en action humanitaire de l’Université Laval (Ulaval, Canada).Enfin, il est titulaire de la Pharmacie Saint Pierre de Sèmè Podji à PK18 sur la route de Porto Novo depuis septembre 2016.

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