Le Béninois Libéré
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Takou

Durée du calvaire carcéral de Réckya Madougou : ÇA DEVIENT LA HONTE DE SES FRÈRES ET SŒURS PROCHES DE TALON

Nombreux sont les Béninois qui voyaient le président Patrice Talon libérer ces prisonniers par l’entremise de sa nouvelle loi à ce sujet, avant son voyage sur les États-Unis où il sera probablement question de comment il conçoit la Démocratie chez lui.

Mais tous se sont trompés. Patrice Talon est courageux voire même téméraire quand il frappe. Réckya Madougou lui a causé des soucis pour sa réélection et elle devra encore en payer longtemps le prix. Est-ce la bonne méthode ? Seule la providence saura répondre à cette logique rupturienne.

Mais en agissant ainsi, les garder plus longtemps que la thérapie d’une sanction pédagogique en politique, le président Talon ne s’adresse plus à la pensionnaire de Missérété seule. Il s’adresse aussi à tous ces compatriotes se réclamant de la même aire culturelle que Réckya Madougou. Et plus encore à ses propres collaborateurs. Eux qui pour la plupart avaient milité contre la candidate de diverses manières pour sa mise à l’écart par une arrestation, peuvent-ils continuer d’être fiers du sort de leur petite sœur ?

La réponse est visiblement Non. Ils ne peuvent certes pas le dire mais tous doivent être suffisamment gênés de savoir que les enfants de madame Madougou vont encore fêter la Noël loin de leur maman.

Il faut avoir un cœur en bronze pour dire qu’on ne ressent rien à cet effet. Bien évidemment, il sera difficile d’interpeller son chef, son leader sur cette question qu’il gère exclusivement par son égo. Car même si la candidate avait péché, Dieu lui-même n’a jamais souhaité la mort du pécheur.

En gardant aussi longtemps Réckya Madougou en détention Patrice Talon ne rend aucun service à Mariam Talata, Abdoulaye Bio Tchané, Sacca Lafia, Samou Adambi, Alassane Seïdou, Rachidi Gbadamassi, Aurelie Adam Soulé, Charles Toko et les autres.

Réckya Madougou reste la seule Amazone du Bénin et plus particulièrement de cette partie de notre pays. Tenir tête à tous ses collègues de la sous-région, à l’élégance de position cachée de ses proches, ne fait pas un père de la Nation.

Les conseillers du président de la République devraient avoir le courage et la dignité de lui dire que ça commence par être de trop. Ce n’est pas parce que personne n’en dit rien que tous sont d’accord. Et toute chose a une fin. La question aujourd’hui n’est plus de se demander si la candidate des Démocrates a tort ou a raison. Si l’on doit se référer à la position des Nations Unies, c’est une détention très déplacée, arbitraire. Ce qui veut dire que tous ceux qui avaient travaillé, milité à l’arrestation, la mise à l’écart de cette puce qui venait enrhumer les rêves de continuité du pouvoir Talon, sans regretter leur différents segments de participation, sont maintenant gênés que le calvaire de la pauvre continue.

Ils ne diront rien. Du moins pas devant le chef. Mais ils doivent ruminer tous en chœur et dans le cœur que le chef commence par irriter leur sensibilité. Et puisque Talon est toujours fort, il est au pouvoir, ils n’en diront rien. Mais chacun a son idée sur cette affaire et attendra le bon moment, l’heure de Dieu pour se dédouaner. Chacun attend l’heure divine pour montrer à sa sœur qu’il n’était pas d’accord mais qu’il ne pouvait rien.

Malheur au fort d’aujourd’hui s’il n’est plus fort à cet instant-là. Il sera le faire-valoir, l’instrument de l’heure pour prouver à Réckya Madougou qu’ils avaient assisté impuissamment à ses calvaires.

C’est une éventualité qui devrait trotter dans la tête du chef de l’État. Le pardon est humain. Yayi l’avait aussi fait pour lui même pire. C’est le refus de pardonner aujourd’hui qui signe le calvaire de demain.

Aboubakar TAKOU

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