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Benin Politique

Dénonciation des propos ethnicistes et divisionnistes du pays : Les mises en garde du Pcb contre une guerre civile réactionnaire

Mettre en garde et le Pouvoir de la Rupture et toutes autres forces dites d’Opposition qui lanceraient le pays dans une guerre fratricide réactionnaire et les combattra de toutes ses forces, c’est ce que fait le Comité central du Parti Communiste du Bénin dans une déclaration où il dénonce les propos ethnicistes et divisionnistes du pays et met en garde contre une guerre civile réactionnaire.

Dans une analyse profonde de la situation à travers des Propos ethnicistes  et régionalistes et des actes et dispositions politiques ethnicistes et régionalistes tant au niveau des institutions du pays, que du côté de la pratique partisane en cours, le Comité Central du Parti Communiste du Bénin en est arrivé à prendre le devant pour alerter les dirigeants et le peuple tout entier pendant qu’il est encore temps.

« Il apparait nettement une volonté de faire de l’UP-Le Renouveau, le Parti Présidentiel et connoté Sud en défaveur du BR connoté regroupement du Nord, si ce n’est l’élimination pure et simple du BR de l’échiquier politique béninois.

Tout cela est visible et on ne peut le cacher sous peine de jouer à l’autruche. Ce qui n’est pas responsable…

De tels propos laissent indiquer que les Béninoises et Béninois du Nord comme du Sud ne semblent plus regarder dans la même direction : « la libération  de l’oppression de la FrançAfrique pour le développement accéléré de notre pays et l’union de tous pour cet Objectif ». Peut-on lire dans cette déclaration de dénonciation et d’appel des autorités à vite agir.

Lire ci-dessous l’intégralité de cette déclaration qui entre rappelle au pouvoir en place son rôle.

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65

                                               DECLARATION.

Le Comité Central du Parti Communiste du Bénin

Dénonce les propos ethnicistes et divisionnistes du pays

Et met en garde contre une guerre civile réactionnaire.

Depuis quelque temps, en tous cas, depuis notamment la dernière élection présidentielle de 2021, montent dans le pays, et surtout dans les hautes sphères politiques du pays, des propos ethnicistes et régionalistes qui mettent à rude épreuve, le « consensus du vivre ensemble » des Béninoises et des Béninois.

La chronique de ces propos et des actes institutionnels qui créent ce grave danger de déchirement de notre chère Patrie, peut s’établir ainsi qu’il suit.

I-             Des Propos ethnicistes  et régionalistes.

1°- Au cours de la dernière campagne électorale à Bohicon, le Président Talon déclarait et en langue fon, le 7 avril 2021 : «  le peuple fon au pouvoir ne le lâchera pas pendant longtemps ».

2°- Le Dr Aristide TALON, grand frère du président Patrice Talon, en campagne pour le parti UP à Lyon (France) tenait pratiquement les mêmes propos le 10 septembre 2022 devant la communauté béninoise présente:

« Le Roi Glèlè dans sa phase de maladie dit « si les droits de succession l’avaient permis j’aurais demandé à Guèdègbé de prendre la gestion de ce pays et  de diriger jusqu’à ce que le prince Kondo prenne un peu d’expérience et prenne le pouvoir…C’est avec Guèdègbé  que ce pays va s’en sortir. Le sang de Guèdègbé est arrivé au pouvoir en 2016 avec Patrice Talon. La prophétie s’est réalisée.»

3°-Un certain groupe dit des « Tadovi de Parakou » réunis dans une « Fédération des Associations des Ressortissants de l’Aire culturelle des Adja-Tado » parlant au nom des peuples  adja, houéda,  Xwla, goun, fon, mahi, aïzo, etc. fait des déclarations selon lesquelles, « l’ensemble des fils et filles de l’aire culturelle adja-tado  puisse…. travailler uniquement avec telle force politique» pour les prochaines élections législatives. Et cela par-delà les partis politiques. Autrement dit, c’est l’expression de vote communautaire au-delà des formations politiques. Si l’on sait que ces dits Ressortissants se réclament tous de la mouvance présidentielle,  on voit bien la  direction que ces regroupements indiquent.

Tous ces propos résument ce qui se dit dans certains cercles restreints selon lequel « le pouvoir qui est au sud, n’ira plus au nord », expression qui tient lieu de programme de développement et de gouvernement.

Ces propos sont étayés par des actes, des dispositions institutionnelles qui interpellent.

II-           Des Actes et dispositions politiques ethnicistes et régionalistes.

1°- Au niveau des institutions du pays.

Il est connu (même si ce n’est pas constitutionnalisé) que, pour l’entente « consensuelle) et la cohésion du pays, lorsqu’un Président est du Nord, le Président de l’Assemblée nationale (C’est-à-dire la deuxième personnalité du pays) soit du sud et vice versa, lorsque le Président est du Sud, la deuxième personnalité est du Nord du pays ;  que pour l’équilibre régional, les ministères et autres institutions constitutionnelles, traduisent la participation équitable des peuples des différentes régions à la gouvernance du pays. Regardez un peu la pratique de la Rupture depuis son avènement : les Grandes Institutions constitutionnelles : Président de l’assemblée nationale, Président de la Cour suprême, Président de la Cour Constitutionnelle, ministères de souveraineté (Défense, affaires étrangères, finances, justice, etc.) sont attribuées à des hommes du Sud. Même le poste du Ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement est vidé de son contenu au profit de celui du Ministre des Finances.

Tout le monde sait que la fameuse Vice-Présidente de la République, TALATA ZIME n’est qu’un faire-valoir  constitutionnel, un Ornement institutionnel sans aucun pouvoir politique.

2°- Du côté de la pratique partisane en cours.

Tout le monde voit que visiblement, il y a une volonté manifeste au plus haut niveau de l’Etat, de déclasser le Parti BR  d’Abdoulaye Bio Tchané, au profit exclusif du Parti Union Progressiste le Renouveau de DJOGBENOU Joseph. La démission du Ministre Abimbola du Parti Br et son maintien au gouvernement pour rentrer après dans le Parti UPR, la démission du BR, de bon nombre de personnalités de la région méridionale pour intégrer l’UPR, les pressions exercées pour que des députés, maires, conseillers de Br intègrent l’Up, le discours de Houngbédji Adrien à l’occasion de l’absorption de son parti, PRD dans l’Union Progressiste, évoquant l’union des peuples adja-Tado incarnée par les relations Agbomê- Porto-Novo, etc.

Pire, des pratiques discriminatoires  de tripatouillage inadmissibles sont observées à l’encontre du Parti BR et signalées par la lettre du Député Assan SEIBOU au Directeur Général de l’ANIP, en date du 14 Septembre 2022 : « Je viens porter à votre connaissance que la consultation  des listes affichées  dans la commune de Copargo a révélé des  situations catastrophiques  incompréhensibles…J’ai essayé de porter  le problème  vers le dirigeant de mon Parti (entendez Abdoulaye Bio Tchané) mais je me suis rendu compte que  lui-même était une  victime qui a dû refaire son transfert en ligne avec l’espoir  que cela  sera pris en compte… Je vous prie  enfin d’agir rapidement , car ce recul  nous  ramène à une situation pire que ce que nous avons vécu sous la LEPI en ses débuts, pour enlever cette impression que  des citoyens  commencent à exprimer un sabordage et un sabotage orchestré et orienté car pour nous, le problème semble se poser plus dans les postes de vote favorables à un bord politique.»

Il apparait nettement une volonté de faire de l’UPR, le Parti Présidentiel et connoté Sud en défaveur du BR connoté regroupement du Nord, si ce n’est l’élimination pure et simple du BR de l’échiquier politique béninois.

Tout cela est visible et on ne peut le cacher sous peine de jouer à l’autruche. Ce qui n’est pas responsable.

Alors naissent et se développent des frustrations compréhensibles  de la part des peuples du Septentrion de notre pays ; frustrations qui s’expriment de diverses manières telles : « on nous considère comme des esclaves  pour produire du coton et autre anacarde » ;  « Aujourd’hui,  il y a plus de 60 années que le Bénin est indépendant ; malheureusement le septentrion traîne des tares plus graves que celles de la période coloniale. Il est temps que les cadres de cette région se regardent dans la glace et fassent un bilan, une étude comparative pour voir en quoi ils aident leur région.»

De tels propos laissent indiquer que les Béninois et Béninoises du Nord comme du Sud ne semblent plus regarder dans la même direction : « la libération  de l’oppression de la FrançAfrique pour le développement accéléré de notre pays et l’union de tous pour cet Objectif ».

Alors se pose la question : Quel intérêt le pouvoir autocratique de Patrice Talon a à se comporter de la sorte pour exacerber les contradictions inter-ethniques et interrégionales et conduire à une guerre civile réactionnaire ?

Le Comité Central du Parti Communiste du Bénin :

1°- Rappelle les principes sur lesquels il est assis : « Libérer et unir les nationalités ». Autrement dit : développer l’amitié et la solidarité entre tous les peuples, toutes les régions du pays pour leur épanouissement.

2°- Il déclare s’opposer à toutes formes de discriminations politiques, à toutes les formes de politiques basées sur l’ethnie, la région et toutes les expressions qui les accompagnent.

3°- En conséquence, il condamne la politique officielle du gouvernement de la Rupture apparemment assise sur les exclusions ethniques et régionales, institutionnalisée et exprimée à des niveaux les plus élevés de l’Etat.

4°- Souligne que le recours à des références ethniques ou régionales pour fonder une politique, un programme politique, constitue le refuge à des pouvoirs impopulaires en crise, isolé des besoins du peuple qu’il est en charge de promouvoir dans son ensemble.

5°- Réaffirme qu’une telle politique divisionniste ne sert que les intérêts des ennemis des peuples, les puissances impérialistes, en particulier, le colonialisme français qui œuvre de tous bois, pour poursuivre sa domination sur les peuples par le biais de l’entretien des divisions de toutes sortes.

Enfin le Comité central du Parti Communiste du Bénin met en garde et le Pouvoir de la Rupture et toutes autres forces dites d’Opposition qui lanceraient le pays dans une guerre fratricide réactionnaire et les combattra de toutes ses forces.

Vive l’union et la fraternité des peuples du Bénin, contre les ennemis  en vue de l’émancipation du Pays.

Cotonou, le 21 septembre 2022

Le Comité central du Parti Communiste du Bénin

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