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Société

Carnet noir : L’armée béninoise en deuil

Il n’était pas comme un père. Il était plus qu’un père. Cet homme rigoureux, magnanime très pédagogue que j’ai rencontré un jour à une réunion des parents d’élèves de l’école « La Prunelle  » n’a pas tardé à devenir pour moi aussi cher que la prunelle de mes yeux. Pour un orphelin à la quête d’un père depuis le départ de feu TAKOU-OROU-GOURA, quelle ne fut pas ma joie de rencontrer Papa ARISTIDE ASSOGBA. 

Colonel des forces aériennes à la retraite, sa rigueur de militaire cumulée à son amour pour les belles lettres avait fait de lui, plus qu’un fondé d’école, un super enseignant qui donnait un cours qu’il a lui-même initié au profit des apprenants. « PRECIS » était le nom qu’il avait donné à ce cours pour rehausser le niveau de langue des apprenants du Complexe Scolaire la Prunelle.

Il était le porte-parole de chaque enfant en difficulté d’apprentissage auprès de ses parents. Il m’invitait souvent si ce n’était pas sa fille Gi pour nous prier à changer de méthode dans l’éducation de telle ou telle autre fille. Ceci jusqu’à avoir le meilleur rendement.

Il était en plus du père, un ami. Je dévorais son humour rempli de conseils. Son domicile était le nôtre. Il était prêt à embarquer dans ses voitures, écoliers et élèves de son complexe scolaire pour la bibliothèque principale de la ville, à l’Institut français pour donner aux enfants ce précieux goût de la lecture. De retour, il prenait sa pension de Colonel à la retraite pour leur acheter des livres à la librairie.

Pour lui, rien ne vaut la culture. Malheureusement, comme on dit que les bonnes âmes ne durent pas sur cette Terre, tout en sachant pour sa petite maladie, c’est avec une douleur insurmontable que j’ai appris le départ si prématuré de mon ami ce lundi 18 Avril 2022. De mon père qui m’appelait frère.

Papa Aristide ASSOGBA nous a abandonnés plus tôt qu’on ne l’attendait cette journée du lundi de Pâques. Puisse le Seigneur, le Grand Architecte de l’Univers lui accorder cet accueil des Grands Hommes qui ont vécu dans sa miséricorde infinie.

À mes frères et sœurs, à notre maman devenue si précocement veuve, je dis du courage. Papa est parti pour mieux nous aider à poursuivre son œuvre.

Papa, tu es en nous comme tu l’avais tout le temps été. Ce n’est qu’un au revoir.

Soldat de conviction, protecteur de la veuve et de l’orphelin ! Ton œuvre sera poursuivie. Va en paix, dans la paix parler de nous aux célébrités morales que tu vas rejoindre.

Adieu Soldat!!! La Terre t’est déjà légère. Tu y as déjà travaillé.

Papa, mes filles me gâtent plus que Gi. Il répondrait, » laisse ma fille tranquille, c’est un ange que je t’ai donné « .

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