Le Béninois Libéré
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Politique

Brouille au sein du conseil communal de Pobè : Le maire Simon Dinan clarifie

(Les conseillers dissidents s’offusquent)

La deuxième session extraordinaire de l’année 2022 ouverte par le maire Simon Adébayo DINAN le vendredi 15 Avril dernier a été pour les vingt-cinq conseillers communaux de cette commune un moment de chaudes et de violentes disputes entre ces derniers.

Et pour cause un malentendu issu de l’élection des présidents des commissions permanentes suite aux nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur la décentralisation qui recommande désormais quatre commissions permanentes dans les communes à statut intermédiaire. Les voix  sont montées et le maire au cours de cette séance a boudé et est sorti de la salle où se tenait la session pendant que les conseillers dissidents sous le commandement du premier adjoint au maire ont poursuivi la séance pour élire les présidents des quatre commissions permanentes de la mairie.

Face à cet imbroglio qui a caractérisé cette session extraordinaire, l’autorité communale a tenu à expliquer les faits à travers une interview  qu’il a accordée à votre journal. Et comme pour équilibrer l’information à vous servir, un des conseillers des quinze dissidents, mandaté a accepté se prêter à nos questions pour donneur leur version des faits.

Cette série d’interview réalisée par votre journal vient mettre à nu les manœuvres de certains conseillers et explique les faits tels que vus par les deux parties.

Le Béninois Libéré :

Nous avons par médias interposés appris les dissensions qu’il y a eues au sein des conseillers communaux de la commune de Pobè suite à l’élection des présidents des commissions permanentes lors de la dernière session extraordinaire du conseil communal. Dites-nous monsieur le maire que s’est-il réellement passé ?

Maire Simon Adébayo Dinan de Pobè : Merci monsieur le journaliste, pour cette opportunité que vous m’offrez. Vu la crédibilité de votre organe de presse, je peux me permettre de me prononcer  parce que depuis que  je me suis déjà prononcé à la fin de la session à la  radio  « Olokiki » de Pobè, j’ai jugé bon de ne plus me prononcer dans aucune presse. Connaissant votre mode de fonctionnement, je me permets de vous répondre. Je vais dire même que conformément à notre règlement intérieur seul le maire convoque la session et la clôture aussi.

Ce que nous avons fait, nous avons convoqué une session extraordinaire à laquelle étaient inscrits trois points. Le premier concerne le vote du compte administratif de la mairie, le second aborde une superficie de 600 m2 à octroyer à la ligue départementale de football et au niveau du troisième point, il s’agissait de désigner les quatre présidents des commissions permanentes de la mairie dans l’optique de rester en phase avec la nouvelle loi.

Je ne suis pas en train de faire du syndicalisme à la tête de la mairie. Pour moi, c’est le développement qui est en question. Dans le cas d’espèce, j’ai besoin des présidents de commissions disponibles qui pourront effectivement nous accompagner dans la mission pour le développement de la commune de Pobè. C’est cela d’ailleurs l’idée des textes qui a réduit un peu la force du conseil communal et cette force est désormais concentrée sur le comité de supervision pour permettre au maire d’avancer autrement dans la mise en œuvre de la politique communale.

Monsieur  le maire, certains de vos collègues conseillers estiment que vos prétendants aux postes des présidents des commissions permanentes ne peuvent pas répondre valablement aux tâches qui leur seront confiées et c’est d’ailleurs la raison de la brouille lors de la session.  Que répondez-vous ?

Cela  me fait rire énormément. Nous avons déjà fait deux ans et tout le monde sait qu’ici à la mairie de Pobè, c’est du sérieux qui se fait.  Vous pouvez interroger le personnel, la population, le président actuel de la commission affaires domaniales par exemple, n’a pas failli. Il est à la hauteur de la tâche qu’on lui a confiée. Je suis sûr que les collègues conseillers BR reviendront à la maison pour prendre les bonnes décisions. Rien ne sert de courir derrière les intérêts personnels et  égoïstes. C’est Dieu qui donne le pouvoir. Il a déjà donné à qui il veut. 

 Monsieur le maire, vous étiez sorti de la session après avoir suspendu la séance. Mais les quinze conseillers dissidents ont poursuivi la séance. Quelle sera la suite ?

Je suis désolé de le dire, et je pense que lorsqu’on est docteur, il faut agir en tant qu’intellectuel. J’ai appris que le premier adjoint au maire a poursuivi la séance, c’est à la limite de la comédie, il oublie que nous sommes dans une administration. Je lui ai déjà envoyé une demande d’explication, il n’a pas répondu, je vais lui envoyer une deuxième et il doit pouvoir me dire les raisons qui l’autorisent à continuer une séance que j’ai clôturée. Parce que l’article 24 de notre règlement intérieur et également la loi sont clairs sur cette procédure-là. Ce n’est pas de la chasse aux sorcières, nous sommes dans l’administration et il doit pouvoir m’expliquer pourquoi il a continué la séance.

Maintenant, Dieu étant avec nous, nous avons fait cette histoire vendredi matin. Et  vendredi soir déjà le communiqué final du séminaire organisé par le comité national pour la mise en place des réformes sur la décentralisation, demande à tous les maires de surseoir les travaux devant conduire aux élections des présidents des commissions dans les mairies, comment Dieu peut être encore avec nous ? Mais ce qui nous a beaucoup étonnés, il faut le dire, nous avons constaté malheureusement une injonction de la préfecture, parce que selon les indiscrétions les conseillers dissidents ont appelé le préfet ou le secrétaire général de la préfecture qui leur a demandé de continuer dans ce forfait-là, j’attends la réponse du premier adjoint pour confirmation.

Mieux, le mardi, la préfecture sans appeler le maire envoie une lettre pour dire de reprendre cette élection le vendredi 22 Avril dernier et personnellement quand j’ai appris de telle chose, je suis allé moi-même rencontrer le préfet et je lui ai demandé de rester impartial dans cette affaire car selon moi, l’autorité de tutelle est là pour nous guider et non pour nous diviser. En tant maire sous la tutelle de la préfecture, j’ai essayé de parler à mon supérieur hiérarchie qui est le préfet en présence du secrétaire général qui est à la base de ce problème-là.

Je veux lancer un appel à l’endroit des populations de Pobè pour les rassurer que nous sommes conscients de la mission qu’elles nous ont confiée de cette mission. Nous nous battrons pour que cette mission soit accomplie et bien avec tous ceux qui seront engagés avec nous. A l’endroit de tous les collègues conseillers communaux,  je voudrais leur demander de ramener la balle à terre. c’est Dieu qui donne le pouvoir. Il me l’a déjà donné, et je souhaite qu’ils m’accompagnent dans cette mission puisque c’est moi qui suis là pour le moment et l’histoire retiendra que nous avons fait un bon travail. Merci monsieur le journaliste.

Le Béninois Libéré :

Monsieur le conseiller KOUKPO vous a été un des quinze conseillers qui sont restés en salle pour poursuivre la séance après la clôture de la séance par le maire et pourquoi ?

Merci, monsieur le journaliste pour votre approche. Le vendredi 15 Avril dernier a eu effectivement lieu dans la salle de conférence de la mairie de Pobè, la deuxième session extraordinaire. Et à  l’occasion, trois points étaient à l’ordre du jour, le premier point relatif au compte administratif, le deuxième est relatif à un domaine qui devrait être cédé à la ligue départementale de football et un troisième point qui est bien mentionné élection des présidents des commissions permanentes juste pour nous conformer à la nouvelle loi en vigueur. A cet effet,  tous les conseillers vingt-cinq sur vingt s’étaient rendus présents parce que tous les points inscrits à l’ordre du jour sont d’une importance et il ne fallait pas se faire compter l’évènement.

Les sieurs LALIYI, Clément KOUTCHADE, AMOUSSOU François et MONTCHO ont été respectivement choisi comme présidents de la commission affaires économiques et financières, de la commission affaires domaniale et environnementale, de la commission affaires sociales et culturelles et de la commission chargée des relations avec les institutions. On finissait à peine quand ils ont  compris qu’ils étaient en erreur en optant pour la politique de la chaise vide quand certains parmi eux ont fait irruption dans la salle pour demander qui nous avait mandaté à  poursuivre et en ce temps le premier adjoint avait déjà sifflé la fin au bonheur de la population. On aurait appris que le maire a appelé le commissaire de notre arrondissement central pour dire qu’il avait trouble à l’ordre publique au conseil communal de Pobè , le commissaire était arrivé et il a constaté qu’il n’y avait rien que ce qu’il avait entendu au téléphone de la part du maire .

Dans le même temps, l’autorité de tutelle a suspendu l’activité de mise sur pieds de ces présidents des commissions. Que feriez-vous si la décision était de reprendre les élections ?

Je pense que le gouvernement en initiant les reformes est dans la logique de rendre plus viable la décentralisation à la base. Et la décentralisation à la base est la démocratie à la base…

Mais il s’est fait que le 14 dernier, il aurait eu une séance avec les SE et les maires. Séance au cours de laquelle il était dit d’arrêter pour l’instant l’installation des présidents des commissions et donc deux problèmes se posent. Les Secrétaires exécutifs des mairies viendront et prendront service dès la semaine prochaine pour ce qui concerne notre département et si celui de notre commune parvenait à prendre service, comment est-ce que la commune va fonctionner si tant est que la loi a prévu le conseil  de supervision pour pouvoir décider, organiser et coordonner les actions ?

Avez-vous saisi l’autorité de tutelle de votre côté ?

Nous n’avons aucune relation particulière avec la hiérarchie. Nous avions constaté des fautes lourdes. J’ai été le rapporteur de la séance. Donc, le rapport a été fait et envoyé aux différentes autorités à savoir la préfecture et le ministère de la décentralisation de notre pays pour constater le désordre, la guy-gouvernance qui se passe au niveau de l’administration locale de Pobè. Je vous remercie.

Interviews réalisées par Ernest F. Latoundji

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