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Politique

Brique par Brique vers sa succession en 2026: TALON A SON SUCCESSEUR

(Son nom, le mode opératoire, les raisons du choix et le gros risque)

Pour dur et teigneux que soit le régime Talon, il est loin d’être un système. Car on entend par système, un régime qui a la capacité de se succéder à lui-même sans ou avec le même chef. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de la Rupture qui n’est qu’un conglomérat de travailleurs unis autour d’un leader de qui chaque élément tire sa légitimité sans pour autant devoir une quelconque symbiose ou solidarité de survie avec l’autre.

C’est le propre des entreprises. Ça permet d’atteindre les résultats fixés mais pas plus. En face donc d’une opposition organisée, la structure de la bâtisse Rupture n’a pas grande chance de résister surtout à l’épreuve du départ de son chef qui a malheureusement toutes les clés concentrées dans ses seules mains.

Cette triste réalité à peine perceptible de la Rupture pousse déjà certaines intelligences politiques à prédire une fin de règne tumultueuse pour le président Talon. Car, même s’il parvenait à se faire remplacer par un étalon de l’écurie Rupture, le fait qu’il ne sera lui-même pas à l’étrier, ne lui  garantit rien de sécurisant tant pour ses affaires que pour lui-même.

Les mêmes analyses prévoient que dans de telles situations, le président pourrait avoir intérêt à l’option d’une alternance étudiée et validée par les Seigneurs de l’Occident en l’occurrence la France. Eux seuls peuvent garantir au président Talon la quiétude rêvée. Mais à lui et à sa famille biologique. Les autres membres de l’écurie n’étant individuellement responsables de rien, le nouveau pouvoir n’a aucunement de compte à leur demander.

Voilà qui peut expliquer les tractations en cours depuis quelques moments où l’actuel chef de l’Etat pourrait bien se passer des schémas de dauphinat classique auquel s’attendent toutes les ambitions de candidatures autour de lui.

Des informations provenant de sources généralement bien introduites auprès des chancelleries occidentales et africaines, le nom de l’ancien premier ministre de Boni Yayi, Lionel Zinsou,  revient régulièrement. Et l’amitié suspecte entre le président Talon et son concurrent de 2016 en dit long sur un tel projet.

On nous parlera très bientôt d’une deuxième révision de notre constitution et les Béninois seront alors focalisés sur une volonté de faire passer la pilule du troisième mandat en touchant à l’article 44 de la Loi n°2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de la loi numéro 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin. Que cela soit de l’initiative du gouvernement ou d’une proposition de l’Assemblée nationale elle-même, seule la disposition concernant la limitation de l’âge, sera touchée.

Elle va juste tisser la passerelle à Lionel Zinsou qui aura un avantage réel sur les autres mâles travaillant pour la maison Rupture qui ne se retrouvaient plus dans cette éventualité. Et Zinsou qui aura aussi la faveur d’être le candidat de la Fcbe, des Démocrates et de l’opposition pourra compter sur la mouvance, la Rupture pour avoir ses parrainages dont ne saurait rêver un autre  candidat de l’opposition et le tour est joué.

Vu sous cet angle, le schéma dans lequel certaines intelligences politiques veulent embastiller Talon, vaut son pesant d’or. Mais il est loin d’être une évidence politique. Car on sait qu’au Bénin, certaines réalités sont malheureusement propres à nous.

 Celui qui a raté une fois le fauteuil présidentiel ne le retrouve plus. Le cas du retour du général Kérékou battu en 1991 par Soglo avant de revenir lui prendre le pouvoir en 1996, ne correspond pas à cette logique. Il ne faut donc pas se tromper.

Il faut aussi craindre pour la malédiction de la candidature importée contre le rêve des héritiers de la cour. Ces hommes qui ont tout donné au président Talon pour réussir ses deux mandats s’estiment à juste titre en droit de profiter du retour de la manivelle et prendraient pour trahison la recette proposée par l’Occident pour rassurer Patrice Talon.

Dans ces conditions, la malédiction qui a frappé Yayi, pourrait aussi entamer le rêve de Talon. Car les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets.

Rira bien donc qui rira le dernier.

Aboubakar TAKOU

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