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Société

Après la condamnation de Joël Aïvo : Ce que disent ses avocats Me Dossou et Me Bonou

10 ans de prison ferme et 45 millions FCFA, c’est ce qu’a écopé aux premières heures du mardi 07 décembre 2021 à la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (Criet), le professeur Joël Aïvo au terme procès sur le dossier blanchiment de capitaux et atteinte à la sûreté de l’État pendant que ces deux coaccusés Boni Sare Issiakou et Ibrahim Bachabi Moudjaïdou, auront à payer d’une amende de 5,7 millions FCFA en plus des 10 ans de prison ferme.

Un verdict qui a fait réagir les avocats de Prof Joël Aïvo à savoir Me Robert Dossou et Me Jacques Bonou, avocat au Barreau de Bobigny en France, comme le révèle le site d’information 24heuresaubenin.

Les propos de Me Robert Dossou et Me Jacques Bonou

Me Robert Dossou, avocat de la défense

« La tendance générale de la Cour, on s’y attendait mais en même temps nous avions une petite lueur d’espoir compte tenu de ce que nous nous avons perçu comme faits et fond du dossier. Donc nous ne pouvons que prendre acte de la décision intervenue. Quant au recours, nous aviserons ».

Me Jacques Bonou, avocat au Barreau de Bobigny en France

« Sur le fond, d’abord il faut signaler que c’est une satisfaction morale d’en finir et de finir définitivement avec cette histoire qui a commencé depuis un moment et on s’est battu du mieux qu’on pouvait pour démontrer au procureur spécial que ses arguments et procédure ne tenaient pas. Sur le fond, vous allez constater qu’il n’y a pas d’éléments constitutifs mais à la Criet, ils ont une procédure, ils ont leur démarche et ils ont inventé, ils ont retourné. Je n’ai jamais entendu parler d’infraction de proximité. Le professeur a été condamné tout simplement parce que le Ministère public : le procureur spécial et ses substitut ont décidé qu’il est parent ou proche de monsieur Houédanou qu’il a entendu, qu’il n’a vu qu’une seule fois. Celui qui l’a orienté vers le professeur est décédé donc ils n’ont jamais eu personnellement de contact mais sur la base de ça, le procureur spécial a argumenté et la condamnation repose sur uniquement les déclarations des accusés c’est-à dire depuis le premier jour jusqu’à la date de condamnation, aucun élément nouveau n’est apparu.

Lors de l’instruction aucune autre information particulière n’est venue concrétiser ou illustrer la culpabilité de Joël Aïvo. Vous allez constater, ce qui est miraculeux, que ce monsieur Dotou Alain est acquitté, ce qui est une demie- victoire, mais c’est ce dernier qui était mis en avant, qui était placé comme l’élément ayant de lien supposé avec tout ce qui gravitait autour du professeur. Il a été acquitté, on va réfléchir, c’est tout frais, c’est tout chaud, on verra ce que le collectif va décider (…) C’est extraordinaire, le professeur a été arrêté le 15 avril, Alain Dotou, je pense le même jour ou le lendemain. Mais les supposés, il y a un infirmier militaire à l’hôpital de Camp Guezo et un ancien militaire qui aurait quitté l’armée il y a plus de dix ans, ce sont eux qui ont fomenté un coup pour escroquer monsieur Houédanou. Mais on a pu les arrêter à temps.

Mais Gilbert Zinsou et Houédanou jusqu’à ce jour sont dans la nature. On ne sait pas, à titre personnel, je peux penser que c’est un montage. On a envoyé ces deux individus dans le cercle du professeur Aïvo pour pouvoir le cerner, pour maîtriser ses mouvements. Donc, on attend la suite mais en tant que professionnel de droit, j’exerce en France, je ne sais pas si c’est tel que ça se pratique le droit ici, qu’on peut condamner sur des déclarations. Je crois que je n’ai nullement envie de venir assister à des tragi-comédies comme ça. Nous sommes un pays civilisé, un pays démocratique et ça c’est un bras armé pour éliminer tous les potentiels candidats pour les élections futures. Ça, j’en suis convaincu à 1000%, c’est-à dire 10 ans de condamnation, c’est le temps pour finir le second mandat en cours et le temps pour choisir le dauphin, comme ça on l’aura mis à l’abri. Vous allez constater qu’il y a une méchanceté dans le cœur des Béninois qui pousse à l’extrême.

On peut supposer que si vous êtes adversaires et que votre adversaire est tombé, que vous ayez quand même un regard humaniste (…). Vous avez vu les témoignages, il y a des propres collègues du professeur dont un certain Djossè Léon plus un responsable de décanat qui ont envoyé un courrier à la Cour décrivant tout et le contraire de ce que le professeur Aïvo est. Heureusement que la Défense a su réagir et a amené d’autres attestations de moralité à l’international pour faire taire ce qu’ils ont imaginé. Mais on peut comprendre que et le gouvernement et la Criet et certains collègues de la FAC de droit avait l’ambition de voir disparaître le professeur Aïvo du paysage politique sauf que on ne cache jamais la lumière du soleil avec la main. J’ose espérer que prochainement, les musulmans qui après avoir commis des péchés font des dons ou construisent des mosquées ou les pasteurs qui reçoivent des dons de leurs fidèles auront désormais la possibilité de vérifier si ces donateurs ou si ces constructeurs de mosquées sont à jour avec le fisc (…).

Le verdict est tombé ce soir, nous avons un collectif, nous allons nous réunir pour apprécier et voir ce qui est possible. Personnellement, je ne peux pas vous dévoiler ce qu’on a prévu. Donc, il est bientôt 3 heures du matin, demain sera un nouveau jour et on verra ensemble. Reckya Madougou, si Joël a eu 10 ans, je vous laisse estimer ce qu’on va lui coller le 10 décembre ».

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