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Société

Affaire Dangnivo: La réserve de la Cour constitutionnelle sur la détention du présumé assassin Alofa

En réponse à la requête formulée par le sieur Kossi Kodjo Alofa pour cerner la non-exécution de la décision DCC 20-029 du 23 janvier 2020, la cour constitution dans une décision a estimé que le maintien prolongé en détention du présumé assassin de Dangnivo est une violation de la constitution au regard des dispositions des articles 35, 124 alinéas 2 et 3, 114 et 177 de la constitution.

En effet, selon les sept conseillers de la cour constitutionnelle, la détention prolongée du présumé assassin de Dangnivo est une violation de la constitution. Dans son recours adressé aux conseillers de la cour constitutionnelle, Kossi Kodjo Alofa a demandé à la haute juridiction de se prononcer sur sa mise en liberté. Si la cour dans sa décision a fait savoir que la détention prolongée du détenu est une violation de la constitution, elle s’est néanmoins déclarée incompétente pour se prononcer sur la demande de la mise en liberté du requérant.

Quid du dossier Dangnivo ?

Courant février 2010, Pierre Urbain Dangnivo, membre du Parti social-démocrate (Psd), aurait révélé des scandales financiers au Bénin, notamment la fameuse affaire Icc-Services. Le mardi 17 août 2010, alors que ce cadre du ministère des finances a quitté le service, il n’est plus jamais retourné en famille. Il est porté disparu.

A la suite de cette disparition, des protestations ont commencé par monter dans toutes les couches sociales pour exiger la lumière sur ce dossier. Par des marches, tout le pays s’est mis debout pour exiger que les autorités chargées de la sécurité des personnes et des biens ; c’est-à-dire le gouvernement fasse diligemment et correctement son travail pour retrouver sain et sauf le disparu.

Dans cette foulée, un corps qu’il est impossible de déterminer s’il est celui de Pierre Urbain Dangnivo, a été exhumé le lundi 27 septembre 2010, en présence du Procureur de la République de Cotonou, des membres du comité de crise mis en place par les autorités et des représentants des syndicats. Ce cadavre reposait dans une fosse creusée dans la maison d’un charlatan du nom de Kossi Kodjo Alofa. Ce dernier serait accusé d’être l’assassin du cadre du ministère des finances.

Interpellé et déposé en prison, son procès fut ouvert en 2015. Pour mémoire, il faut retenir que le procès avait commencé par le déballage du présumé assassin du sieur Pierre Urbain Dangnivo et son présumé complice qui ont rejfusé d’assumer la responsabilité de la mort de Dangnivo alors qu’ils avaient reconnu lors de l’instruction avoir assassiné ce cadre du ministère des finances.

Mais contre toute attente, ils ont, par la suite, rejeté leur première déposition en affirmant que c’était sous torture qu’ils avaient fini par accepter d’assumer la responsabilité de cet assassinat. Ils ont même mentionné le nom de plusieurs autorités qui leur ont promis d’assumer la responsabilité de la mort de Dangnivo contre de l’argent.

En février 2015, un des présumés assassins, sieur Alofa Codjo Kossi, s’est évadé de la prison civile de Missérété. A l’audience qui a suivi son évasion, Alofa Codjo Kossi, après qu’il est retrouvé au Togo, a révélé : « Ils m’ont déposé à la frontière du Togo et m’ont donné 50.000 Fcfa pour fuir ». Suspendu à la demande de la partie civile qui avait soulevé une exception d’inconstitutionnalité, le procès tant attendu pour élucider les conditions de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, n’est plus jamais ouvert.

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